

C'est en 1980 que les éditions Michel Lafon voient le jour. Cette maison d'édition, c'est 150 ouvrages en moyenne par an, qu'il s'agisse de thriller, de romans jeunesse ou de littérature contemporaine, faisant d'elle, l'une des plus importantes de France.
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En quelques mots, pouvez-vous vous présenter et me parler de votre parcours professionnel (études, diplôme(s), temps pour l'insertion professionnelle, poste actuel, la structure dans laquelle vous êtes aujourd'hui…) ?
Je m’appelle Cléa, j’ai 23 ans. J’ai passé en 2017 un Bac L, puis j’ai fait une licence de Lettres Modernes à Nanterre avec une spé « édition » en L3. J’ai fait par la suite un Master « sciences humaines et sociales, parcours édition » à Saint-Cloud (rattaché à l’université de Nanterre). Je suis actuellement en CDD de 6 mois chez Michel Lafon Éducation en tant qu’éditrice junior pour un remplacement de congé maternité. J’ai eu ce poste 1 mois après avoir eu mon master, j’ai été contactée directement par eux après avoir mis mon CV en ligne sur la CVthèque de l’Asfored. J’ai fait des stages dans les métiers du livre avant ça. Des stages de courtes durées chez : Albin Michel, P.O.L, dans une librairie, dans un Centre de Documentation et d’Informations et auprès d’une consultante en cession de droit, spécialisée dans le livre jeunesse. J’ai fait 2 stages longs (6 mois) chez Belin Éducation et aux Presses Universitaires de Paris Nanterre (édition publique et scientifique). J’ai été également, pendant mon M2, éditrice en freelance pendant 4 mois pour Belin Éducation. Également, pour m’entraîner et aider, je relis et corrige bénévolement pour des auteurs leur manuscrit.
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Comment se déroule une journée-type ? Avec quels professionnels travaillez-vous ? Le plus souvent, travaillez-vous seul·e ou en équipe ?
En tant qu’éditrice sur ce poste, je travaille avec des correcteur·rices, des maquettistes, des illustrateur·rices et bien sûr des auteur·rices via, le plus fréquemment, des échanges de mails. Travaillant avec des auteurs à l’étranger les discussions sont principalement au téléphone ou par mails. Il n’y a pas vraiment de journée type car elle va dépendre de l’avancement du projet dans lequel vous êtes. Mais, globalement, il y a des tâches presque toujours quotidiennes : beaucoup d’écriture de mails (répondre à des demandes des auteurs, relancer des personnes en retard sur les projets, etc.), beaucoup de travail sur les textes (il y a toujours globalement des textes à pointer, à corriger, à réécrire) et, finalement, toujours une petite partie de la journée dédiée à de la veille, parfois concurrentielle : se renseigner sur les autres maisons d’édition, aller sur les sites, repérer des illustrateurs pour de futurs projets, etc.
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Selon vous, quelles sont les principales qualités requises pour travailler à ce poste ?
Il faut être très organisée, pouvoir lire et corriger rapidement (il faut développer cet œil pour repérer vite des erreurs, des différences d’espaces, des mots ou lettres en trop/supprimés) et savoir entretenir de bonnes relations avec ses collègues, auteur·rice·s, illustrateur·rices, correcteur·rice·s, il faut être diplomate ! Le but de notre métier est, entre autres, de coordonner plusieurs corps de métier pour que le projet du livre se déroule bien donc il faut savoir tenir son rétroplanning, tenir son budget, faire bien et rapidement son travail éditorial et bien s’entendre avec ses interlocuteurs pour avoir le moins d’accroches possibles pendant les mois de préparation du livre.
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Si vous deviez citer une chose à laquelle vous ne pensiez pas être confronté·e dans votre métier, de quoi s'agirait-il ?
L’importance d’entretenir des relations avec ses collègues pour améliorer la qualité et la rapidité de son travail. Une maison d’édition est réellement une fourmilière et on passe notre temps à s’aider les uns et les autres. Ce n’est pas du tout un travail solitaire et il faut également être force de proposition pour se démarquer. L’idée est toujours d’être au cœur des tendances donc il faut être constamment curieux, lire beaucoup, faire des expos, aller au cinéma : bref, être au cœur de la production culturelle pour ne pas se laisser dépasser et également pour se faire remarquer, faire des rencontres dans des librairies, sur des salons, faire partie de la vie culturelle et créer du lien avec les gens qui compose cet univers !
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Quelle est votre plus grande fierté dans votre travail ?
Travaillant dans le scolaire, je suis très contente de savoir que mon travail, les manuels scolaires que j’édite, servent à des élèves et peuvent également les aider. Je repense souvent aux manuels que j’ai eu plus jeune et j’essaye de faire mieux, plus inclusif, plus interactif, plus fun ! C’est agréable de travailler sur un ouvrage qui sera utile.
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Trois points positifs et trois points négatifs qui décriraient le mieux votre métier ?
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Positifs :
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On ne travaille jamais sur le même livre, renouvellement fréquent des tâches ;
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Interactions avec des personnes différentes, on apprend beaucoup ;
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Métier très enrichissant en termes de connaissances.
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Négatifs :
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Difficile de trouver un poste et d’avoir un CDI ;
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Il faut parfois avoir des pistons pour trouver les premiers stages/jobs ;
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Comme le travail n’est pas solitaire, les collègues/interlocuteurs peuvent vite nuire à notre travail ou notre santé mentale, il faut savoir prendre du recul pour ne pas être trop affecté parfois.
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On l’entend très souvent aujourd’hui, le numérique devient omniprésent dans tous les domaines. Ressentez-vous cette présence dans votre travail aujourd'hui ? De quelle(s) manière(s) ? Selon vous, quels sont les enjeux soulevés par le numérique dans le domaine de l'édition ?
Personnellement, je ne perçois pas, à mon poste, un impact négatif du numérique. Après, je pense que des éditeur·rices peut-être plus âgé·e·s pourraient avoir un autre avis sur la question car, personnellement, j’ai toujours travaillé avec le numérique. Le numérique facilite le travail éditorial (que ce soit grâce aux logiciels, aux moteurs de recherches, etc.), permet de travailler à distance, de recruter des auteurs grâce aux réseaux sociaux, etc. je n’y vois pas d’aspects négatifs.
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Quels sont vos projets à venir pour l’année 2023 ?
Trouver un autre CDD ! Si possible dans le domaine de l’édition universitaire pour diversifier un peu mon profil et parce que le milieu de l’édition publique m’intéresse beaucoup.
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Pouvez-vous me raconter une anecdote amusante sur votre métier ?
Ce n’est pas vraiment une anecdote, mais depuis que je me suis lancée dans ces études et que j’exerce, des personnes autour de moi (famille, ami·e·s) m’ont dit qu’elles écrivaient sur leur temps libre, qu’elles avaient un projet de livre en tête et qu’elles aimeraient bien avoir mon aide. Je trouve ça amusant de découvrir cette passion de l’écriture chez des gens qui n’auraient peut-être pas pensé ou osé m’en parler si je n’avais pas fait ce métier.
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Aujourd'hui, que diriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer dans des études d'édition ?
Il faut être motivé·e car les études en elles-mêmes ne suffisent souvent pas, il faut faire des stages, parfois non rémunérés, sur son temps libre pour faire ressortir son dossier. Il ne faut pas hésiter également à bien savoir parler une autre langue, avoir une spécialité particulière, encore une fois pour se dégager des candidatures seulement « Lettres » des autres candidat·e·s, il faut essayer d’avoir une candidature originale pour taper dans l’œil des maisons d’édition. Ça reste un très beau métier à mon sens et les études d’édition sont passionnantes !