

Les éditions Thierry Magnier ont été créées en 1997. Dans leur catalogue, plus de 500 titres: albums petite enfance, grands albums, romans jeunes lecteurs, romans adolescents, recueils de nouvelles et quelques titres adultes. Le petit ange, logo de la maison d'édition "se veut le symbole d’une maison décomplexée, qui s’adresse à tous sans cataloguer ses lecteurs ou ce qui leur est donné à lire."
-
Pouvez-vous vous présenter et me parler de votre parcours professionnel (études, diplôme(s), parcours atypique, temps pour l'insertion professionnelle, poste actuel, la structure dans laquelle vous êtes aujourd'hui…) ?
Je m’appelle Charline Vanderpoorte, je suis éditrice en charge des romans, bd et romans illustrés aux éditions Thierry Magnier. Après une prépa littéraire, j’ai passé une licence de lettres modernes puis j’ai passé le concours pour devenir professeur des écoles. J’ai enseigné deux ans avant de prendre une disponibilité d’un an pour effectuer des stages en édition jeunesse et dans les beaux livres. Ensuite un statut d’auto entrepreneur m’a permis de répondre à des missions éditoriales dans différentes maisons puis j’ai eu la chance d’effectuer un remplacement congé maternité aux Editions Thierry Magnier. Quelques mois plus tard, j’ai pu intégrer l’équipe en tant qu’assistante d’édition. 4 ans plus tard, en 2017, j’ai obtenu le poste d’éditrice.
-
Quelles sont vos missions ? / à quoi peut ressembler une journée type ?
Je suis chargée de définir le programme éditorial de la maison sur les collections dont je suis en charge (sélection de manuscrits avec validation de Thierry Magnier, directeur éditorial), ainsi que du retravail des textes en direct avec les auteurs.rices. Je prépare également tous les textes commerciaux (argumentaires, 4e de couverture…) de mes projets, travaille les couvertures avec les illustrateurs.rices.
Concrètement, mes journées se passent derrière un ordinateur, à répondre à de nombreux mails, à refuser de très nombreux manuscrits, à lire et à annoter des textes pour guider les auteurs.rices dans leur retravail. Les taches sont nombreuses et il faut jongler en permanence avec les priorités.
-
Avec qui pouvez vous être amené.e à travailler (interlocuteur.ice.s)?
Outre les auteurs.rices et illustrateurs.rices, je travaille avec une assistante avec laquelle j’échange sur les textes en cours, et qui s’occupe de tout le suivi éditorial une fois que le travail sur le texte en tant que tel est terminé (corrections, mise en page, relectures etc.). Nous sommes une petite équipe de 5 personnes et nous échangeons en permanence les un.es avec les autres pour élaborer nos stratégies, partager nos ressentis, nos doutes etc.
-
Selon vous, quelles sont les qualités et les connaissances que l'on doit posséder pour exercer votre métier ?
Chaque éditeur fait avec sa propre personnalité, mais je dirais qu’en valeurs transversales ce métier nécessite de la curiosité, de l’ouverture d’esprit, évidemment un amour de la littérature, du tact et un goût pour les relations humaines.
-
Quelles sont vos conditions de travail (horaires, rythme, charge de travail, etc.) ?
Classique : 35h hebdomadaires, journées classiques, avec parfois des soirées ou des salons sur le temps du week end. La charge de travail (nombre de mails et de manuscrits) est très importante, et il n’est pas rare de devoir retravailler le soir et/ou le we.
-
Qu’aimez-vous dans votre métier ?
Réfléchir à la littérature jeunesse, rencontrer de nouvelles écritures, de nouveaux imaginaires, accompagner des auteurs.rices tous singuliers de manière différente est passionnant.
-
Au contraire, quels sont les aspects les plus déplaisants ?
Le nombre de sollicitations et la réalité qui fait que malheureusement il est humainement impossible de répondre à toutes les propositions que nous recevons.
-
Si vous deviez citer une chose à laquelle vous ne pensiez pas être confronté.e dans votre métier, de quoi s'agirait-il ?
Je ne vois pas. La réalité du métier est fidèle à ce que j’en imaginais.
-
Si vous deviez sélectionner un projet sur lequel vous avez travaillé, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?
Peut-être la collection L’Ardeur que j’ai lancé il y a quelques années et qui parle de corps et de sexualité aux grands ados. J’ai eu la chance de pouvoir agir concrètement en créant cette collection, sur des sujets qui me passionnent et me révoltent (représentations, stéréotypes, violences faites aux femmes et à leur corps etc.).
-
Quels sont vos projets à venir pour l'année 2023 ?
25 romans répartis sur plusieurs collections allant de la première lecture aux romans jeunes adultes.
-
Aujourd'hui, que diriez-vous à quelqu'un qui souhaite se lancer dans des études d'édition ?
Que c’est un métier passionnant, qui nécessite de l’engagement, de la curiosité et de l’envie. Certes il y a peu de postes et c’est un tout petit milieu très parisien, mais pour celles et ceux qui sont motivés et sincèrement curieux, il y a toujours une place. Les stages et les rencontres qu’on y fait sont déterminants, il faut vraiment se donner les moyens d’effectuer des stages en cohérence avec votre projet professionnel.